La nuit obscure de l’âme

Note : cet article est une traduction de l’article Dark Night of the Soul de Steve Pavlina. C’est donc lui qui s’exprime dans le “je” de cet article !

Niveaux de conscienceUne des choses avec lesquelles je lutte dans ma vie en ce moment est de faire un bond en avant vers ce que je vois comme le prochain niveau de conscience que je veux connaître.

J’ai atteint un point dans ma vie où j’ai une réelle clarté vis-à-vis de mon but, et il est devenu une réelle motivation pour moi. Chaque fois que je suis en adéquation avec le but de servir les autres du mieux possible et sans rien espérer en retour, ma motivation est puissante et je vis totalement dans le moment présent.

Dans le même temps, une partie de ma vie se déroule toujours à un niveau professionnel, de carrière et d’argent. C’est un niveau où l’ego entre en jeu, et je pense à des choses telles que l’écriture et l’autopublication de produits d’information, le fait de générer des revenus, de monter une affaire, de monter mes propres séminaires, de créer une marque, etc. Mais je peux aussi voir que c’est un niveau de conscience inférieur à celui vers lequel mon but m’entraîne.

Quand je travaille au niveau du but, mon intérêt pour ces facteurs professionnels s’affadit. Quand je travaille au niveau professionnel, ma capacité à vivre mon but est affaiblie. Le problème est que ce sont deux niveaux de conscience différents ; ils sont incohérents. Je peux passer d’un état à l’autre, mais je ne peux pas être dans les deux simultanément.

Le niveau professionnel suggère que je monte une ligne de produits d’information à vendre et/ou que je gagne de l’argent en tant qu’orateur professionnel. Je dois être un soutien financier pour moi et ma famille. Mais à ce niveau, je crée de l’information que je « possède », je la protège avec des copyrights, et je crée une entité professionnelle dont je vais ensuite devoir veiller à la survie ─ contre la fraude, la concurrence, etc.

Mais le niveau du but implique que je dévoue ma vie purement au service. C’est le niveau qui suggère qu’aucun vrai professeur ne recherche de gain matériel. À ce niveau, j’écris et je parle gratuitement. Tout gain matériel est hors-sujet. Je n’ai besoin que de répondre à mes besoins de base, pour pouvoir continuer à faire du mieux possible pour aider les gens.

J’ai géré mon entreprise de logiciels pendant des années au niveau professionnel. Je sais très bien à quoi ressemble ce niveau. Créer des produits cools, traiter aves les clients, se montrer plus futé que les concurrents, négocier les contrats, etc. C’est un voyage excitant. Mais ce niveau cesse d’avoir du sens pour moi maintenant. J’ai simplement perdu tout intérêt dans un travail visant un gain matériel. À un moment argent et réussite professionnelle étaient très motivants pour moi, mais maintenant ils sont vides et creux en comparaison de mes autres objectifs. J’ai lu que Bouddha avait vécu un changement similaire dans sa façon de penser juste avant la trentaine, quand il a réalisé qu’il ne pouvait plus profiter de ses richesses princières alors qu’il restait de la souffrance dans le monde. Je peux comprendre ça.

Le niveau du but est devenu bien plus réel pour moi maintenant. Je préfèrerais investir une immense quantité d’efforts dans le fait d’aider quelqu’un à résoudre un de ses plus grands problèmes sans absolument rien gagner plutôt que de devenir milliardaire. Je sais que cela peut paraître exagéré, mais au niveau de conscience dans lequel je suis en tapant ces lignes, c’est vrai pour moi. C’est le niveau dans lequel j’ai travaillé ces six derniers mois. J’ai écrit et parlé librement et gratuitement, faisant cela dans une volonté de grandir et de servir les autres. Et même si je n’en suis qu’aux balbutiements de mon but, c’est incroyablement épanouissant.

Je peux sentir que quand j’essaye de prendre cet objectif et de le transformer en un business motivé par le profit, ce genre de réflexion affaiblit ma conscience et mon énergie. Et pourtant d’une certaine façon, quand je ne me soucie pas de l’argent, j’ai toujours la sensation d’en avoir plein. À ce niveau je profite d’une source d’abondance qui est plus puissante que le niveau professionnel. Plutôt que d’échanger des informations et des idées contre de l’argent, je distribue simplement tout sans rien attendre en retour. Je pourrais avoir écrit et auto-publié un livre ou deux aujourd’hui et généré une petite pile d’argent si je m’étais concentré sur cela plutôt que sur le fait d’écrire gratuitement. Mais au fond je sais que mon but doit être centré sur le service avant toute autre chose. Quand je travaille à ce niveau, tout semble fonctionner sans effort.

Quand je gérais mon entreprise, je n’ai jamais vraiment compris les gens qui contribuaient à créer des logiciels open source « gratuits » sans rien y gagner, les voyant souvent comme une forme de vie inférieure en comparaison de ceux qui créaient de « vrais » logiciels à vendre. Cette vision est assez commune parmi les développeurs de sharewares, qui travaillent dur pour protéger leur matériel sous copyright de la piraterie parce que c’est la source de leurs revenus. Ma vision a changé cependant, et je vois maintenant ces contributeurs désintéressés comme vivant potentiellement à un niveau de conscience bien plus élevé que je ne leur en donnais crédit.

Et pourtant c’est quand même très tentant de retourner au niveau professionnel auquel je suis habitué. Mais je sais que c’est seulement la peur qui me retient. J’ai besoin d’élever ma conscience à un niveau suffisant pour me permettre de transcender la peur de ne pas être capable de répondre à mes besoins de base (et ceux de ma famille). Aussi longtemps que cet univers continue à le permettre, je ferai de mon mieux pour continuer à centrer ma concentration sur le service en priorité. En ce moment pourtant je peux toujours me sentir osciller entre ces deux niveaux ─ je n’ai pas encore terminé ce bond en avant vers le niveau supérieur. Une chose qui m’aidera est de pouvoir attirer dans ma vie quelqu’un qui a déjà atteint ce niveau et qui peut m’aider à vivre cette transition, donc je me concentre sur cette intention.

Je peux avoir des aperçus de ce que j’aimerais atteindre, et pendant de courtes périodes j’en ai fait l’expérience, mais ce n’est pas encore une réalité de mon existence quotidienne. Je suis en ce moment dans l’état auquel on a déjà fait référence sous le nom de « nuit obscure de l’âme », impliquant que j’ai laissé derrière moi une réalité mais que je n’ai pas encore atterri dans la suivante. En raison du fait que je me suis poussé à évoluer tellement ces dix dernières années, j’ai déjà traversé cette phase par le passé. L’épisode précédent était juste avant que je ne crée le jeu Dweep ─ juste avant de développer ce jeu, j’ai vécu une transition d’un niveau de conscience inférieur à un nouveau niveau supérieur, dans lequel j’étais habité par le désir de produire quelque chose qui était vraiment ma meilleure œuvre et qui aurait un impact positif sur les gens qui en feraient l’expérience ; le succès professionnel n’était pas ma motivation première.

Et m’y revoilà, à essayer aujourd’hui d’atteindre un niveau dans lequel je suis purement habité par l’intention de servir, me demandant si à un tel niveau il n’y a vraiment aucune raison de s’inquiéter du fait de répondre à ses besoins primaires. J’ai l’intention de continuer le long de ce chemin aussi longtemps que cette réalité me le permettra physiquement.

 

Crédits photo : Andrija Markovic

2 commentaires

  • Dominique dit :

    Un bien bel article, bien écrit, et un but honorable.
    Un tel objectif demande une certaine maturité et un niveau de conscience élevé. Se donner les moyens de se détacher des biens matériels n’est pas donné à tout le monde.
    En poursuivant ce chemin, “la nuit obscure de l’âme” laissera place à la “La nuit éclairée de l’âme”, pour donner naissance à .. je ne trouve pas le terme … un état proche peut-être de la transcendance.
    Un article qui donne à réfléchir et qui touche.

    Dominique
    .

  • Brigitte dit :

    Bonjour Olivier je souris en lisant ton article; je suis dans le même métier que toi et dans le même niveau de transition. Juste que perchée encore dans mon ego j’ai résisté et bien j’ai dégusté. Le grand gardien t’entraine alors vers la nuit noire mais ce n’est qu’une étape pour aller vers le soleil’ Il est composé de ce que nos âmes sont venues chercher mais tu peut te lâcher tu es dans le bon’… Si l’intention est juste et authentique. Tu peux m’appeler si tu veux mon numéro est sur mon site’ Très bel article que tu as rédige’ On s’entendra peut-être et ça pourrait être sympa. Hava good Time

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