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Le développement personnel pour les gens intelligents

Journal de sommeil polyphasique – Jours 8 à 11

Note : cet article est une traduction de l’article Polyphasic Sleep Log – Days 8-11 de Steve Pavlina. C’est donc lui qui s’exprime dans le “je” de cet article !

Sieste et voyageÉtant donné que mon expérience de sommeil polyphasique me semble très bien se passer, j’ai décidé de lui ajouter un test supplémentaire ces derniers jours pour mieux sentir ses frontières et ses limites. Cela aurait pu être un peu prématuré, étant donné que je ne fais ça que depuis une semaine, mais l’opportunité était là, donc je l’ai saisie.

Ma femme prévoyait de quitter la ville lundi et mardi avec notre fille pour aller à L.A. rendre visite à des amis et des proches. J’avais l’intention à l’origine de rester à la maison avec notre fils, mais j’ai choisi de faire le voyage avec elles, car je sentais que cela serait un bon test pour voir le niveau de praticité du sommeil polyphasique quand je n’avais tout le temps accès à mon lit.

Nous sommes revenus tous les quatre il y a quelques heures. Voici mon rapport de voyage en ce qui concerne le sommeil polyphasique :

Je n’ai pas réussi à me tenir à mon modèle polyphasique de siestes toutes les quatre heures pendant ce voyage, donc j’ai du être plus flexible, en étirant parfois le temps entre les siestes à plus de 6 heures ou en essayant de faire une sieste rapide dans la voiture pendant que ma femme nous emmenait d’un endroit à un autre.

Nous sommes restés à la maison de mes beaux-parents, mais nous avons passé le majeure partie de chaque jour loin de la maison. Nous nous sommes arrangés pour rendre visite à beaucoup d’amis ainsi qu’à mes parents et mes sœurs. Et en plus du voyage nous avons fait un tour dans une fête végétalienne, et avons mangé dans certains de nos restaurants végétaliens préférés. J’ai assurément trop mangé pendant ce voyage, en particulier les desserts végétaliens.

Pendant ce voyage j’ai du faire mes siestes quand je pouvais, parfois dans la voiture quand nous allions d’un endroit à l’autre.

Globalement, j’ai été étonné que cela ait si bien fonctionné. Je n’avais aucun problème à tenir six heures entre les siestes pendant la journée. En passant les cinq heures entre les siestes, je ressentais un besoin moyen de faire une sieste. Cependant, ce n’était pas du tout un sentiment de somnolence ; c’était plus comme une douce pression. Je pouvais sentir comme un coup de coude me disant que ce serait un bon moment pour faire une sieste, mais cette sensation ne provoquait pas de perte de fonctionnalité ou de fatigue, donc c’était simple de l’ignorer jusqu’à ce que je puisse finalement faire cette sieste. J’ai découvert que chaque fois que je me retrouvais dans une situation où une sieste serait malvenue (par exemple au cours d’un repas avec quelqu’un), je recevais ce signal de besoin de sieste, mais c’était tout. Puis quand j’étais à un endroit où je pouvais faire cette sieste, c’était là que je ressentais un plus gros afflux de fatigue, et que je pouvais m’endormir presque immédiatement et me réveiller frais après environ 15-20 minutes. C’était comme si mon corps savait que je ne pouvais pas faire de sieste, et qu’il m’envoyait donc un simple signal jusqu’à ce que la situation rende cette sieste possible.

Voyez cela comme le signal que vous avez quand vous devez aller aux toilettes. Vous commencez à ressentir une sensation de pression qui vous dit qu’il est temps que vous y alliez, mais tant que vous n’avez pas trop bu, vous pouvez la laisser de côté pendant un moment et simplement prendre note d’aller aux toilettes quand ce sera possible. Puis quand vous êtes pas loin des toilettes et que vous pouvez finalement vous soulager, le signal devient très fort, et vous devez vous en occuper.

Je n’ai jamais commencé à m’assoupir au milieu d’une conversation, mais quelques fois quand ma femme et moi revenions dans la voiture, je m’endormais rapidement pendant le trajet. Ces siestes en voiture étaient semi-réparatrices. Je réussissais à m’endormir sans problème, même assis, mais cela ne me semblait pas aussi réparateur qu’une sieste dans un lit ou sur un canapé. Mais même alors, c’était suffisant pour me recharger suffisamment pour repartir pour quelques heures avant la sieste suivante. C’est juste que pendant la période qui suivait la sieste en voiture, je ne me sentais pas aussi bien. J’allais toujours plutôt bien, et je me sentais pleinement fonctionnel, mais parfois j’étais un peu groggy la première heure.

Jongler avec les siestes ne posait pas de problème. Ce n’était pas la peine de respecter strictement les quatre heures d’intervalle. Mais quand j’étirais les siestes pendant la journée, je me sentais plus fatigué la nuit et j’y palliais en faisant des siestes plus fréquentes la nuit. C’était très facile à faire parce que tout le monde dormait de toute façon.

Être debout la nuit était très intéressant. C’était des vacances plutôt chargées, mais elles me l’ont moins paru qu’à ma femme parce que j’avais toute la nuit pour faire tout ce que je voulais. Je m’en suis principalement servi pour lire et écrire. J’ai même écrit deux articles pour le blog pendant ce séjour, les deux au milieu de la nuit. Cela a donc été facile pour moi de supporter le rythme soutenu de ces vacances sans me sentir harassé. Ma femme a trouvé le séjour un peu trop soutenu, cependant. Elle devait aller se coucher peu de temps après notre retour chaque jour, et dès le lever le matin nous étions à nouveau parti ici ou là moins d’une heure après. Pour elle le seul repos était le sommeil. Mais j’ai senti que j’avais beaucoup plus de temps de repos, et le séjour m’a également semblé plus long.

J’ai aussi noté que j’avais plus faim la nuit pendant ce séjour, donc je devais souvent avoir quelque chose à manger autour de 2-4h. Cela semblait booster un peu mon niveau d’énergie pendant un moment.

Il y a aussi eu le changement d’heure pendant le week-end, et je n’ai eu aucun problème à m’y adapter. J’étais dans un schéma de siestes irrégulières de toute façon, en dormant principalement quand j’en ressentais le besoin au lieu de suivre un schéma prédéfini. Le changement d’heure a simplement fait paraître une nuit un peu plus longue, étant donné que tout le monde a dormi une heure de plus.

J’arrive toujours à dormir pendant une sieste, en m’endormant généralement en l’espace de quelques minutes. Il est maintenant habituel pour moi de m’allonger, de m’endormir, et de me réveiller en me souvenant de mon rêve en l’espace de 15 minutes ou moins. Donc cela ne fait pas une très grande interruption pendant laquelle vous êtes séparé des autres. Cela a plus l’air d’une pause pour se reposer que d’une période de sommeil. J’ai été aussi étonné de la facilité avec laquelle j’ai pu faire une sieste dans la voiture pendant que ma femme conduisait. Normalement je n’aurais pu dormir que très superficiellement dans ce genre de situation, à moins que je ne sois extrêmement fatigué. Mais j’ai trouvé que quand j’avais besoin de ces siestes, mon corps me faisait sombrer dans le sommeil, et je me réveillais naturellement 15 à 20 minutes plus tard.

Globalement j’ai trouvé le sommeil polyphasique très pratique et très adaptable. J’ai été impressionné de la facilité avec laquelle il s’adaptait aux nécessités de ce voyage. Comme je pouvais déplacer les siestes et même allonger le temps entre elles, j’ai pu faire en sorte qu’elles s’adaptent à notre emploi du temps au lieu de devoir forcer notre emploi du temps à s’adapter à mon modèle de sommeil précédent. Il a suffi de faire les siestes quand je le pouvais. Et puis je savais toujours que si nécessaire, je pouvais faire des siestes plus fréquentes pendant la nuit.

Le sommeil polyphasique est ressenti de façon très différente du sommeil monophasique. Comme les siestes sont très courtes, ce n’est pas vraiment la même chose que de dormir pendant toute la nuit. Faire des siestes est ressenti comme le simple fait de s’occuper d’un besoin biologique récurrent. Comme je le disais précédemment, c’est comme avoir envie d’aller aux toilettes. Je pense que je pourrais vouloir détendre un peu l’inflexibilité de mon rythme de siestes et simplement essayer de dormir quand j’en ressens le besoin. Même si vous pouvez aller aux toilettes vous soulager à heures fixes également, cela semble un peu idiot. Parfois vous aurez envie d’y aller plus fréquemment et d’autres fois moins. Donc je pense que je vais essayer la même approche avec le sommeil polyphasique et simplement laisser mon corps me dire quand il a besoin de dormir. Je pense que cela pourrait produire de meilleurs résultats que de suivre un emploi du temps prédéfini. Ce séjour m’a convaincu que les siestes n’avaient pas besoin d’être fixées de façon stricte.

Quand je suis revenu de ce voyage aujourd’hui, j’ai trouvé une surcharge d’e-mails qui m’attendaient, dont environ 90% concernaient mon expérience de sommeil polyphasique. Même avec mon temps en plus, j’aurai du mal à répondre à tous ces mails de façon individuelle, mais j’ai au moins pu tous les lire. Je suis désolé de ne pas pouvoir répondre à tout le monde de façon personnalisée, mais je vais aborder ici certains des sujets les plus soulevés.

Jour et nuit : Une bonne question était de savoir si mes périodes de veille étaient identiques entre le jour et la nuit. Semblaient-elles similaires, ou ressentais-je les effets des changements entre le jour et la nuit ? La réponse est que je ressens bien les effets d’une sorte de rythme quotidien, mais qu’ils ne sont pas aussi forts maintenant que la semaine dernière. La principale différence est que je sens venir l’arrivée d’une sieste. Pendant la journée, comme je l’ai dit avant, j’ai la sensation d’une petite poussée pour aller faire une sieste, mais il n’y a plus de somnolence ou de perte de fonctionnalité. Je sais simplement qu’il est temps de dormir. Mais la nuit je n’ai pas cette gentille poussée ; à la place je devient somnolent et je commence à subir une perte de fonctionnalités en continuant à rester debout (perte de concentration, faible énergie, assoupissement). La dernière sensation était ma façon habituelle d’être fatigué en tant que dormeur monophasique – si je restais debout tard, je somnolais de plus en plus. Mais la sensation que j’ai le jour est nouvelle ; je ne connaissais pas cela avant de m’adapter au sommeil polyphasique. Il ne me semble pas avoir la moindre somnolence le jour, simplement cette gentille poussée à la place. Je ne sais pas pourquoi c’est comme ça, mais l’effet est que je peux moduler le temps entre les siestes de jour relativement facilement, ce qui est bien plus dur avec celles de la nuit.

Après m’être réveillé d’une sieste, je me sens à peu près pareil le jour et la nuit, mais je trouve les siestes de jour plus récupératrices. Globalement je ressens plus d’énergie et de vivacité pendant les heures de jour.

Pendant la journée je note aussi que mon énergie est très stable. Ma vivacité ne fait pas le yo-yo entre les siestes. Je suis aussi vif avant une sieste qu’après. Mais la nuit n’est pas aussi régulière à cause de la somnolence qui survient entre les siestes. Donc la nuit je me sens bien environ 10-20 minutes après une sieste, mais plus je reste éveillé longtemps, plus je me sens somnolent. La nuit je sens que j’ai deux bonnes heures après m’être réveillé d’une sieste, mais après cela ma vivacité commence à chuter, en particulier quand je lis. Cependant, cet effet est vraiment limité à la période de 1h à 5h, donc ce n’est pas la nuit entière. Je me sens généralement juste bien à partir de minuit, et l’arrivée de l’aube m’aide à rebooster mon énergie.

Mais j’aime vraiment la stabilité de mon énergie et de ma vivacité entre 6h et minuit. Je peux être occupé toute la journée et me sentir aussi alerte à 23h que je le suis à 8h du matin. Je ne ressens pas un lent déclin de ma capacité à me concentrer pendant la journée. Toutes les heures de la journée ressemblent à des heures de pointe pour moi. Pourtant en sommeil monophasique je n’étais pas très productif après dîner. À l’époque, mon cerveau était vidé de toutes ses ressources, en particulier quand j’écrivais beaucoup. Le sommeil polyphasique semble me procurer une forte augmentation de mon endurance mentale. J’espère trouver un moyen d’étendre aussi cela à la nuit, mais même la situation actuelle est assez géniale.

Je vais augmenter d’ici peu mon niveau d’exercice (jusqu’ici je me suis limité au yoga et à la marche pendant cette expérience), donc je vais voir quel effet cela a. Je pense que si je fais un peu d’exercices d’aérobic la nuit, cela pourrait m’aider à augmenter mon niveau d’énergie entre 1h et 5h, période pendant laquelle je ressens le plus de somnolence. Une nuit j’ai fait du yoga à 2h et j’ai trouvé que cela aidait beaucoup à résoudre ce problème. Je suspecte la somnolence d’être liée au fait que je suis plus sédentaire la nuit. Ma femme et mes enfants sont endormis pendant ce temps, donc je ne suis pas aussi actif. Si j’augmente mon activité physique pendant la nuit, je pourrais voir des changements dans mon énergie pendant cette période.

Je vais essayer de faire de la musculation et de la gymnastique suédoise pour voir comment mon corps récupère de ce genre d’exercices. Est-ce que je vais noter le même genre d’endolorissement qu’à l’origine ? Est-ce que ma force augmentera de façon prévisible au fil des semaines et des mois comme ce serait le cas avec du sommeil monophasique ? Est-ce que mon corps aura assez de repos pour récupérer comme il faut ?

Nature du sommeil : Et qu’en est-il du sommeil non paradoxal (fondamental) ? Comme je n’ai pas autant de sommeil fondamental que j’en avais l’habitude, beaucoup de gens se demandent quels sont les effets à long terme. Certaines personnes m’ont dit qu’ils ont entendu qu’il y a des bienfaits importants aux autres phases du sommeil. Je suis sûr qu’il y a des bienfaits dans les autres phases du sommeil, mais je ne trouve pas cela parlant dans le cas de mon expérience parce que cela ne me dit pas comment mon corps et mon esprit s’adapteront à l’absence de ces phases de sommeil. Beaucoup d’aliments ont aussi des bienfaits, mais leur absence dans une alimentation n’engendre pas de problèmes parce que le corps s’en sortira sans eux. Donc la vraie question est de savoir à quel point ces autres phases sont cruciales. Fournissent-elles des bienfaits irremplaçables ? Cela ne m’aide pas de savoir ce que le corps fait pendant ces phases de sommeil. Ce que j’ai besoin de savoir, c’est ce qu’il fait en l’absence de ces phases. Trouve-t-il d’autres moyens de produire les mêmes bienfaits ? Ces bienfaits sont-ils assez négligeables pour être abandonnés ? Je ne sais pas, pas plus que je ne pense que quiconque ait présentement les réponses. C’est en partie la raison pour laquelle je veux tenter cette expérience. Si je commence à devenir dingue, j’ai des centaines de milliers de visiteurs mensuels pour me dire que je raconte n’importe quoi. 😀

Une autre question à laquelle répondre est de savoir si le sommeil polyphasique produit les mêmes bienfaits ou pas. Donc peut-être que les dormeurs monophasiques sont privés de bienfaits physiologiques potentiels en ce moment et ne le savent même pas. En fait, je commence déjà à soupçonner que ce soit vrai. J’ai noté que pendant mes périodes de veille normales, je passe beaucoup de temps dans un état alpha. Je suis habitué à cet état d’esprit relax grâce aux exercices de relaxation et de méditation. Je sens que ces derniers jours, j’ai passé plus de temps dans un état alpha que dans un état de conscience « normal », donc beta. Je ne peux pas dire si c’est la réalité ou simplement la perception que j’en ai – j’aurais besoin d’un électroencéphalogramme pour en être sûr – mais je me sens assurément relaxé physiquement et clair mentalement sans aucun bruit ou fouillis mental. Les états alpha sont censés être super pour la créativité. Donc cela pourrait être un bienfait caché. Cela pourrait aussi aider à expliquer l’incroyable créativité de Léonard de Vinci, étant donné qu’il est censé avoir été un dormeur polyphasique pendant une partie de sa vie. Il était aussi végétarien.

Bon, il est l’heure de faire une sieste. 😉

 

Crédits photo : TamreiArt 

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