Créer l’inspiration

Note : cet article est une traduction de l’article Creating Inspiration de Steve Pavlina. C’est donc lui qui s’exprime dans le “je” de cet article !

Dégager la voieSi vous faites n’importe quel travail créatif, je suis sûr que vous avez connu ce dilemme : devriez-vous travailler même quand vous n’êtes pas inspiré, ou attendre l’inspiration ?

J’ai du faire face à cette situation de nombreuses fois, qu’il faille trouver le concept d’un nouveau jeu ou écrire un article de blog original. Parfois l’inspiration me frappe aux moments les plus inattendus, comme à 3 heures du matin dans mon lit, mais si je suis assez malin pour en tirer avantage, je peux générer de forts volumes de travail en une courte période de temps. Ces expériences sont souvent ressenties comme hors du temps et transcendantes, comme si j’avais reçu une tape sur l’épaule de la part d’un pouvoir créatif supérieur. Mais à d’autres moments, assis devant mon ordinateur, je me sens vide, distrait, ou pas inspiré, et quand je tente de forcer les choses j’arrive quand même à accomplir une certaine quantité de travail, mais je ne vais pas produire de solutions et d’idées aussi élégantes ou aussi brillantes que mon travail inspiré. Ca vous semble familier ?

J’accorde une grande importance à la valeur du travail inspiré. Bien que j’aie des diplômes en sciences informatiques et en mathématiques et que j’aie été entraîné à diverses techniques de résolution de problèmes via le cerveau gauche, je suis aussi gaucher et j’aborde les sujets techniques du point de vue du cerveau droit. J’utilise rarement des processus méthodiques, avec le cerveau gauche ou étape par étape pour résoudre les problèmes. Au lycée j’essayais souvent de résoudre les problèmes de maths ou de physiques sans utiliser aucune des formules qu’on nous enseignait en cours chaque semaine. Je laissais de côté la solution du cerveau gauche qu’on attendait que je régurgite et j’essayais d’aborder les problèmes de façon créative, en particulier ceux proposant les défis les plus grands et les plus complexes. Je prenais des problèmes de calcul compliqués et j’essayais de les résoudre en utilisant des outils comme l’algèbre, la géométrie, ou les lois de la physique. Et la chose intéressante est que mes solutions étaient souvent plus courtes et bien plus élégantes que ce que les livres inculquaient. Je trouvais qu’il n’y aurait que peu d’intérêt à résoudre les problèmes de la même manière que tout le monde ; ces gens-là on en trouve treize à la douzaine. Mais il y aurait toujours un endroit secret dans le monde pour les gens qui peuvent résoudre les problèmes de façon créative.

D’un autre côté, j’accorde aussi beaucoup de valeur au fait de travailler dur et à la discipline. J’ai assurément la possibilité de m’accrocher et de travailler même quand je ne suis pas inspiré. Mais je déteste fortement me servir de l’autodiscipline pour un travail créatif. La discipline est bien pour des tâches répétitives ou hautement non-créatives, mais cela crée rarement de solutions élégantes. Mon cerveau gauche pourrait se satisfaire d’une approche disciplinée, mais mon cerveau droit a cela en abomination.

Je suis aussi impatient, donc je n’aime pas attendre que l’inspiration vienne, en particulier quand elle semble être partie en vacances prolongées.

Un jour j’ai été curieux et je me suis demandé pourquoi parfois je me sentais inspiré et d’autres fois non. Pourquoi l’inspiration semble m’abandonner pendant des semaines puis revient me rendre visite au beau milieu d’un semi-marathon ? Y a-t-il une sorte de schéma de fonctionnement ?

Et par-dessus tout, l’inspiration peut-elle être créée ? Dois-je attendre qu’elle arrive, ou y a-t-il quoi que ce soit que je puisse faire pour l’inviter ? J’ai étudié les techniques créatives de résolution de problèmes, mais aucune d’elles ne paraissait fonctionner assez bien, et parfois elle prenaient même plus de temps à générer des résultats.

J’ai fini par trouver que l’inspiration peut réellement être créée. J’utilise cette technique depuis des années, et c’est une des raisons pour lesquelles je ne suis jamais à court d’idées de sujets sur lesquels écrire ou parler. C’est comme si j’avais des ressources illimitées. C’est également très simple.

Clarifier ses intentions

Chaque fois que je veux me sentir inspiré pour un travail créatif à faire, je m’arrête et je prends un moment pour clarifier mes intentions. Je définis très clairement ce que je veux faire, puis je verbalise cette intention. Ensuite je me laisse aller et j’attends, généralement quelques minutes tout au plus.

Un exemple d’intention serait celle que j’ai utilisée pour cet article de blog. J’ai commencé par m’asseoir pour écrire à 4h30 ce matin et je me suis senti totalement vide d’inspiration. J’avais une liste d’idées sur lesquelles écrire, mais aucune d’elles ne me semblait très inspirante. Donc j’ai formulé l’intention (très simple), « Je veux écrire un nouvel article créatif pour le blog qui profitera à beaucoup de lecteurs. » Puis j’ai émis cette intention et j’ai attendu. En l’espace de 30 secondes, j’ai eu l’idée d’écrire sur ce sujet, et les mots sont venus avec une facilité déconcertante.

Voici ma théorie actuelle sur la façon dont cela fonctionne. Mon intention agit comme une vague de pensées qui se projette dans l’univers, et après un petit moment, cette vague me revient sous la forme d’idées créatives. C’est comme un dauphin qui utilise son sonar pour écho-localiser les objets, sauf que je l’utilise pour écho-localiser des idées créatives. Je sens que j’utilise une sorte de sonar spécial dans un monde imaginaire de pure pensée. Quand mon intention entre en collision avec une idée et résonne avec elle, cela crée une vague de réflexion qui revient à la source, que je perçois comme une idée ou un élan. Les premières idées qui me viennent en tête sont celles sur lesquelles je pars.

Les idées ne fonctionnent pas de la même façon que les objectifs. Si vous concentrez trop fortement votre intention, alors vous ne recevrez aucun reflet parce que rien ne résonnera parfaitement avec. Donc essayez de garder vos intentions flexibles et de haut-niveau à moins que les détails spécifiques soient vraiment importants pour vous. Si vous créez des intentions qui sont trop rigides, vous pourriez éliminer la possibilité d’une solution holistique. Par exemple, si vous vous concentrez sur la résolution d’un problème de petit niveau, et que votre créativité reste bloquée, il se peut que vous ne soyez pas supposé résoudre ce problème du tout ─ vous avez besoin de retravailler sur quelque chose à un niveau supérieur pour éliminer entièrement ce problème.

Je trouve que cette approche fonctionne incroyablement bien. À chaque fois que cela semble ne pas fonctionner, alors je sais que c’est parce que mes pensées créent une interférence et qu’elles viennent annuler cela. Je supprime les intentions conflictuelles ─ comprenez que chaque pensée est une intention. C’est quand j’ai besoin de prendre du recul et de formuler une intention de haut niveau et plus générale que j’arrive à m’échapper de ce bruit de bas niveau. Si vous jetez un galet dans un lac calme, vous verrez des ondes se répercuter à partir du point d’impact. Mais si vous jetez un galet dans des eaux vives, les ondes seront englouties par les vagues existantes. Alors dans ce cas vous avez besoin d’aller à un endroit où les eaux sont plus calmes, et où elles dépassent vos pensées conflictuelles, en particulier celles qui induisent la peur, l’inquiétude ou le stress.

Par exemple, si j’avais un blocage après avoir exprimé une intention d’idées d’écriture créatives, je prendrais du recul et je formulerais une nouvelle intention, comme « Je veux utiliser la prochaine heure au service du plus grand bien de tous. » C’est une intention plus générale, et cela peut aider à surmonter de nombreux blocages. Peut-être que je ressens un blocage parce que je ne sens pas que je devrais écrire du tout à ce moment là. Peut-être qu’il y a quelque chose de plus important que je devrais faire. Les intentions fonctionnent de façon holistique, donc il est important de prévoir une grande flexibilité.

Commencez donc avec une intention définie, et si vous n’aimez pas les reflets que vous recevez, continuez à prendre du recul et à former de nouvelles intentions jusqu’à ce que les reflets vous conviennent.

Une fois que vous maitrisez ce processus, vous devriez ne jamais devoir vous forcer à créer quand vous ne vous sentez pas créatif. Même si vous pouvez toujours produire quelques trucs pendant ces moments, vous savez probablement que le travail semblera manquer de vie et d’inspiration quand vous y jetterez un œil plus tard. Clarifier et se concentrer sur votre intention ne prend que quelques secondes la plupart du temps, et vous commencerez à voir que vos intentions se manifestent toujours quand vous êtes totalement clair quant à ce que vous voulez.

Alors n’attendez pas l’inspiration. Utilisez cette technique simple pour inviter activement l’inspiration et libérer le flux des idées créatives.

 

Crédits photo : freshidea 

Un commentaire

  • Ccile dit :

    Merci de cet article inspirant !
    Je trouve très belle cette image du galet jeté dans l’eau calme d’un lac qui rayonne et devient une onde d’ intention. Qu’il y ait une réponse à cela est encore plus magique! L’inspiration semble être une réception, c’est à nous de l’accueillir avec notre cerveau droit et ne pas l’analyser mais transformer l’énergie de cette pensée en inspiration puis en création.
    Il me semble que se sentir libre d’être créateur est le terreau où l’on sème cette pensée : parce que je me sens libre de créer alors j’ouvre un espace potentiel d’inspiration. Voilà ce que m’inspire ce texte : la liberté !

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