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Le développement personnel pour les gens intelligents

Vous avez le droit d’avoir tort

Note : cet article est une traduction de l’article You Have the Right to Be Wrong de Steve Pavlina. C’est donc lui qui s’exprime dans le “je” de cet article !

Raison ou tort« Vous avez le droit de vous tromper » était une expression récurrente d’un de mes anciens professeurs d’Histoire au lycée. Certains étudiants détestaient ce prof parce qu’ils pensaient qu’il était fainéant et un peu sadique. Il ne faisait jamais de cours magistral, et il ne semblait jamais avoir de plan de cours préparé. Il s’asseyait juste sur sa chaise, en mettant parfois ses pieds sur la table, et puis il posait des questions et insultait quiconque essayait d’y répondre (généralement pour leur manque de pensée personnelle).

Comme devoirs, il nous assignait à la lecture de documentation diverse, puis nous devions écrire des rapports très courts sur des sujets complexes, comme par exemple un rapport de deux pages avec double interligne sur les causes de la guerre de Sécession. Croyez-moi, c’est beaucoup plus difficile que d’écrire 5 à 10 pages sur le sujet parce que vous devez choisir vos mots avec beaucoup de précaution. Sinon vous manquerez de place avant d’avoir abordé le cœur du sujet. Deux pages était le maximum que vous étiez censé écrire. Si vous écriviez 2,1 pages, vous ne répondiez pas à la consigne. La « fainéantise verbale » n’était pas admise.

Malgré ce manque de popularité, ce professeur avait pour objectif d’apprendre aux étudiants à penser par eux-mêmes plutôt que de simplement régurgiter les informations apprises ailleurs. C’est dur à faire avec des jeunes de 17 ans, en particulier avec un sujet comme l’Histoire.

J’ai pensé que l’expression « vous avez le droit d’avoir tort », même si elle était principalement utilisée comme une blague dans son cours, était un bon conseil. Ce n’est pas dans la Déclaration des Droits de l’Homme, mais cela pourrait être considéré comme un droit humain de base. Vous avez le droit d’avoir tort. Vous avez le droit de faire des erreurs. Vous avez le droit d’échouer.

Beaucoup de gens ne voient cependant pas la valeur qu’il y a à exercer ce droit. Je pense que c’est aussi un composant majeur de la peur de parler en public. Et si vous preniez position sur quelque chose et que vous étiez descendu, qu’on prouvait que vous aviez complètement faux ?

Qu’y a-t-il de si terrible à avoir tort ? Si vous n’avez jamais tort, pour moi cela signifie que vous n’évoluez pas. J’espère que dans 5 ans, je repenserai à mes articles de blog de cette année et que je ne serai pas d’accord avec moi-même. Autrement cela voudrait dire soit que je n’ai pas évolué, soit que j’étais trop timide pour m’exprimer.

N’ayez pas peur de tester les limites de vos certitudes. C’est une des meilleures façons d’apprendre. Laissez les autres réagir à vos idées. Parfois ils aideront à apporter de nouveaux éléments qui peuvent vous permettre de redéfinir vos idées. D’autres fois ils réagiront simplement de façon émotionnelle, ce qui peut vous aider à être plus résistant aux agressions des émotions des autres personnes. N’ayez pas peur d’avancer vos idées dans une conversation, dans un discours, dans un article, dans un post de blog ou de forum ─ dans toute communication où vous pouvez avoir un retour des autres.

Sortez votre ego du tableau

Je pense que les gens sont réticents au fait d’avoir tort parce qu’ils assimilent leurs idées à leur ego. Donc si leurs idées sont balayées, ils prennent cela comme une défaite personnelle ─ ils se sentent humiliés. Le retour qu’ils en ont peut même encourager cette réaction : « Mec, t’as vraiment déconné ce soir. » Mais le simple fait que les autres assimilent vos idées à votre identité ne signifie pas que vous êtes dans l’obligation de faire la même chose.

Surinvestir votre ego dans vos résultats n’est ni productif ni nécessaire. Si vous pensez que l’échec de vos idées est un échec personnel, vous prendrez trop peu de risques, des risques qui auraient pu finir par payer. Mais si vous pouvez apprendre à vous dissocier de vos idées et de votre travail et à les voir comme quelque chose de séparé de vous-même, vous sentirez que vous avez réellement le droit d’avoir tort. Si une idée échoue, pourquoi ne pas laisser la faute retomber sur l’idée plutôt que sur vous ? Permettez à vos idées d’échouer sans transformer cela en défaite personnelle.

Quand j’écris des articles et fais des discours, je m’efforce au maximum de supprimer tout lien entre mon ego et mes résultats. Les idées sont des idées ─ elles ne sont pas moi. Même si je raconte des histoires personnelles, ces histoires ne valent pas ce que je suis réellement. Ce ne sont que des mots. Si je fais un discours et que j’obtiens une mauvaise réaction, la réaction peut être due à mon manque de compétence en tant qu’orateur. Mais là encore, mes compétences ne valent pas ce que je suis réellement. Mes idées et mes compétences ne sont que des possessions ou des créations, mais elles ne définissent pas qui je suis réellement. Ainsi, je ne ressens jamais que mon ego est en danger si un discours ou un article foire.

Si une idée semble vraiment avoir du succès, je ne le prends pas non plus comme une victoire personnelle. Je pense juste… hé, ça semble être une bonne idée. Si une idée ne prend pas, je vois si j’ai reçu un quelconque retour utile et alors je retravaille ou abandonne l’idée. Ou alors il se peut que je ressente que cette idée n’était pas assez bien exprimée et que j’ai manqué mon coup parce que j’ai mal communiqué. Pour moi, tout cela n’est qu’un retour permettant de créer de meilleures idées et de développer mes compétences communicationnelles.

Je pense que cette attitude est ce qui m’aide à rendre très facile le fait de faire un discours sans nervosité et d’écrire régulièrement pour un public de dizaines de milliers de lecteurs. Je pense que ce n’est absolument pas un problème pour moi d’avoir tort. Quand je parle d’un sujet complexe comme le développement personnel, il y a beaucoup de nuances de gris. Malgré tout le savoir et l’expérience que j’ai dans ce domaine, il n’y a aucun moyen pour moi d’espérer comprendre totalement chaque facette de ce vaste domaine. Et puis mes compétences communicationnelles sont inévitablement imprécises. Une communication efficace requiert une combinaison de logique et d’émotion, et ces deux aspects sont parfois en porte-à-faux l’un par rapport à l’autre et auront un impact unique sur des individus différents. Je n’ai jamais entendu parler d’un grand conférencier ou écrivain qui ait jamais réussi à obtenir une approbation totale quand ils parlaient de choses importantes. En sortant son ego du tableau, vous pouvez faire comme le suggérait Winston Churchill ; passer d’un échec au suivant sans perdre votre enthousiasme.

Comment pourriez-vous mieux entraîner votre droit d’avoir tort ? Avez-vous déjà eu peur d’aller à la salle de sport parce que vous ne saviez pas comment faire et que vous vous attendiez à avoir seulement l’air d’un idiot ? Ne faites pas entrer votre ego en ligne de compte, souvenez-vous que ce ne sont que vos compétences qui ne sont pas suffisantes. Vous n’êtes pas pris en défaut en tant qu’être humain simplement parce qu’il vous manque certaines connaissances et certaines compétences. Dans quel autre domaine pourriez-vous tenter d’avoir tort ou d’être ignorant, et pour lequel la seule conséquence à long-terme serait un ego froissé (voire même pas si vous laissez votre ego en dehors de cela) ?

Vous avez le droit d’avoir tort. Laissez vos idées échouer, laissez vos compétences prouver leur inadéquation, et laissez vos connaissances révéler leurs limites. Rien de tout cela n’est vraiment vous de toute façon.

Quand vous échouez vous découvrez vos frontières. Vous cartographiez les limites de vos capacités. Et cela vous permet de finalement les dépasser.

Être dans l’erreur mènera finalement à être dans le vrai. Et même là où ce ne sera pas le cas, c’est toujours un chemin plus intéressant que de n’être rien.

 

Crédits photo : benrocardi

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