Savoir quand rompre un engagement

Note : cet article est une traduction de l’article Knowing When to Break a Commitment de Steve Pavlina. C’est donc lui qui s’exprime dans le “je” de cet article !

AnnulationIl y a peu de temps, j’ai décidé d’annuler mon projet de livre, Le Guide d’Auto-édition de Logiciels. Ce n’était pas un choix facile, et je sais que des gens seront déçus. Je trouve qu’il est important de tenir ses engagements. Pourtant une leçon-clé que j’ai du apprendre a été quand rompre un engagement ─ si vous atteignez un niveau de conscience supérieur et que l’engagement que vous avez pris à l’origine ne rime plus à rien, comment savoir quand le supprimer ? Devriez-vous-même seulement le faire ?

Étant donné que je passe beaucoup de temps à travailler sur mon développement, je surpasse souvent mes anciens engagements ─ j’atteins un stade où il est clair que l’engagement d’origine n’a plus de sens, et sachant ce que je sais maintenant, je ne l’aurais pas pris à la base. Alors dois-je essayer de renverser ma conscience tout neuve et de continuer quand même, ou dois-je suivre cette nouvelle voie quand il m’apparaît très clairement que c’est le choix le plus intelligent et le plus honorable ? Cela pose également très souvent un problème moral. Si j’étais un marchand d’esclaves Sudiste qui avait promis de livrer 100 nouveaux esclaves à une plantation, et que j’avais une soudaine prise de conscience et que je réalisais que l’esclavage était mal, devrais-je tenir ma promesse d’origine ? Quelle est la chose la plus honorable à faire ? Dans mon cas, je ne respecterais pas mon engagement d’origine. Ceux qui sont plus attachés au fait de tenir leurs engagements qu’à leurs propres valeurs de base livreraient ces esclaves, sans tenir compte de leurs sentiments personnels ; en fait, ce fut même le cas de beaucoup.

Aussi étrange que cela puisse paraître, finir ce livre était également un problème moral pour moi. J’ai atteins un stade ou j’ai réalisé que je pourrais aider beaucoup plus de gens en écrivant et en parlant directement sur des sujets de développement personnel, y compris ceux qui sont de vrais défis comme celui-ci. Si j’étais resté sur mon ancienne voie, j’aurais du retarder beaucoup de bonnes choses pour aider un petit nombre de développeurs de logiciels à augmenter leurs ventes et être meilleurs en marketing. Avec mon nouveau niveau de conscience, je ne pouvais plus justifier cette ancienne décision. Le monde ne va pas changer d’axe de rotation parce que je n’ai pas fini ce livre.

Prendre une telle décision implique de mesurer les conséquences. Annuler un livre peut entamer ma crédibilité auprès de quelques personnes, mais je crois que cela ne fera qu’accroître mon authenticité chez d’autres, et on m’a informé que cette action avait déjà aidé quelques personnes qui se sentaient également coincées dans des engagements qu’ils ne prendraient plus et qui avaient du mal à décider s’ils devaient également limiter les pertes.

Si je prends un engagement à un niveau de conscience puis que j’atteins un nouveau niveau de conscience dans lequel cet engagement n’est clairement pas adapté, alors je romprai cet engagement. Si cela vous fait sortir de vos gonds, alors vous ne voudrez certainement pas de moi dans votre vie. C’est sûrement mieux de ne pas lire ce blog dans ce cas. Il n’est pas simplement question de ce qui semble juste à mes yeux ; je réfléchis beaucoup à ce qui serait le mieux pour tout le monde. Dans ce cas, il est très clair pour moi que terminer ce livre sur les logiciels ne serait pas la meilleure chose pour tout le monde. Si cela implique d’écorner ma crédibilité auprès de quelques personnes en cours de route, alors j’en paierai le prix.

Un autre élément-clé est de savoir dans un premier temps quand prendre un engagement. Quand j’ai commencé à l’origine ce projet de livre, mes priorités étaient en désordre. J’ai lancé ce projet pour de mauvaises raisons. Un tel projet ne me correspondait pas ; c’était un pas trop timide. J’ai développé une meilleure compréhension des types d’engagements que je devrais éventuellement rompre en opposition à ceux qui resteront quoi que je fasse. Par exemple, je suis devenu végétarien en 1993, puis végétalien en 1997, et je n’ai jamais laissé tomber ces engagements. Alors j’espère qu’avec chaque leçon apprise, je saurai de mieux en mieux reconnaître quels engagements sont bons pour moi et lesquels ne le sont pas. Mais en attendant, je ne vois aucun honneur à s’accrocher fermement à ses vieux engagements quand ils ne servent clairement pas l’intérêt général ─ certaines personnes qui pensent le contraire ont causé des problèmes sans fin pour cette planète. Je peux penser à beaucoup de gens, d’organisations et de pays qui devraient réévaluer leurs engagements et les réaligner sur l’intérêt collectif. Je trouve que globalement nous allons droit vers une réévaluation massive des engagements.

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