Les mutants polyphasiques

Note : cet article est une traduction de l’article Polyphasic Mutants de Steve Pavlina. C’est donc lui qui s’exprime dans le “je” de cet article !

Gènes polyphasiquesAujourd’hui un visiteur m’a transmis un lien vers un long article à propos du sommeil polyphasique. L’article a pour but d’essayer d’écarter la possibilité de tout sommeil polyphasique pour les êtres humains en se référant à de nombreuses ressources, notamment en notant le grand nombre de blogueurs qui ont tenté de s’y adapter.

Voici mon passage préféré de cet article :

Quiconque prétend suivre un emploi du temps polyphasique perpétuel doit soit souffrir de troubles du sommeil, soit être un menteur, un mutant, ou une personne incroyablement entêtée avec une volonté de fer qui lui permet de se traîner le long de cette torture quotidienne de privation de sommeil.

À choisir je pense que je vais partir sur l’étiquette de mutant. J’entends ça depuis l’enfance (principalement de la part de ma sœur).

Finalement l’article conclut que le sommeil polyphasique appartient aux « mêmes choses farfelues que les remèdes miracles, la scientologie, l’homéopathie, les sourciers, les détoxifiants électrolytiques, ou Madame Soleil. » Hmm… J’ai bien essayé la scientologie pendant deux mois juste pour faire le test, mais j’ai rapidement abandonné quand ils m’ont montré la chambre d’assimilation et m’ont demandé d’acheter un ensemble d’implants Borg. Et en ce qui concerne le lot d’absurdités, eh bien, je vis à Vegas, donc c’est inclus dans le pack. Je suppose que vous devez certainement être un brin farfelu pour vouloir vous attaquer au sommeil polyphasique.

Malgré des preuves que le sommeil polyphasique est impossible pour les humains, je suis raisonnablement sceptique quand à la présomption générale que les résultats de toutes mes tentatives doivent naturellement être les mêmes que ceux prévus par une étude qui a été faite sur une fraction infinitésimale de la population humaine… comme si les résultats de ces gens soi-disant « normaux » pouvaient d’une façon ou d’une autre prédire mes résultats en tant qu’individu.

Je n’écarte pas automatiquement ce genre d’études d’un revers de main, mais je les prends avec des baguettes et je vois comment elles s’accordent avec mon expérience et mon savoir personnels. La plupart du temps elles sont en accord. J’accepte avec joie le fait que si j’avale du poison, je vais tomber malade ou mourir parce que d’autres ont testé cela avant moi et ont subi un tel sort. Je ne vois pas de raison valable pour que mes résultats soient différents, et le ratio risque/récompense ne justifie pas cette tentative. Cependant, chaque fois que j’ai un doute suffisant, et que le ratio risque/récompense de ce test est raisonnable, alors je préfère le tester moi-même. Le sommeil polyphasique était une de ces situations. Après avoir lu les résultats des autres expériences (à la fois positives et négatives), je ne savais pas si j’arriverais ou pas à le faire, mais je sentais que cela valait la peine de le découvrir.

Je ne sais pas réellement pourquoi j’ai pu m’adapter au sommeil polyphasique – il semble clair en lisant les journaux des autres que mon expérience est très atypique. Dans ma mise à jour du jour 60, j’ai fait quelques propositions par rapport à ces raisons, mais cela pourrait très bien être des raisons physiologiques comme les gênes. Ou peut-être que je suis juste un mutant. En entrant dans l’expérience, je possédais déjà un bon nombre de facteurs loin de la norme, comme le fait d’être végétarien, de ne plus boire une goutte de café, et d’avoir déjà pris l’habitude de me lever à 5h tous les matins. 6 à 6,5 heures de sommeil par nuit était déjà habituel pour moi avant d’essayer de dormir polyphasiquement.

J’ai fait trois mois de sommeil polyphasique jusqu’à présent et je continue encore (j’ai arrêté de compter au bout de 100 jours). J’ai déjà longuement blogué à propos de cette expérience, mais il est bon de savoir qu’il y aura toujours des gens pour me dire que ce que j’ai déjà fait était physiologiquement impossible. J’aime beaucoup l’équilibre des activités de jour et de nuit. Dans environ une heure je vais participer à mon deuxième atelier d’impro comique. Je n’aurais certainement pas eu de temps pour ces ateliers si je dormais de façon monophasique, et c’est un bon équilibre avec le travail plus sérieux que je fais. Si je m’y tiens, je pourrais même participer à un spectacle en live à un moment. Quand j’ai vu le dernier spectacle de ce groupe, il me paraissait humainement impossible que les performeurs puissent trouver des trucs aussi marrants aussi spontanément et les faire passer de façon aussi brillante, mais c’est exactement ce qu’ils faisaient. Et la plupart d’entre eux ne sont même pas des comédiens professionnels. C’est incroyable ce que nous pouvons faire en laissant simplement nos doutes de côté et en essayant quelque chose de nouveau. Il ne serait certainement pas difficile de prouver que réussir dans l’impro comique est impossible pour les gens « normaux », pourtant certaines personnes peuvent réellement le faire. Des mutants !

Il n’y a pas si longtemps j’ai noté que j’arrivais plus facilement à me réveiller avant que l’alarme ne sonne, qui est maintenant définie sur 20 minutes après le moment où je me couche. Je me réveille généralement naturellement au bout de 15 à 28 minutes et je me souviens presque toujours de mon rêve, mais je me raccroche encore à mon réveil par sécurité. Plus tôt dans cette expérience, je définissais généralement le réveil sur 25 minutes, mais je trouve maintenant que 20 minutes me permettent en fait d’être plus frais et alerte au réveil. En dormant ces quelques minutes supplémentaires, j’avais plus de chances de me réveiller groggy. C’est peut-être parce que je dépasse le stade du sommeil paradoxal et que je sombre dans des stades de sommeil plus profonds. Je dors en moyenne quelque chose comme 100 minutes par période de 24 heures maintenant. C’est le modèle dans lequel je me suis installé naturellement (ou non-naturellement), et jusqu’ici au moins, cela paraît tenable. Je n’ai aucun problème de santé à rapporter, et je ne me sens certainement pas privé de sommeil. Et j’ai réussi à faire pas mal de trucs dernièrement.

Le plus grand défi qu’il y a en continuant est probablement le fait que je vis dans un monde monophasique. Travailler de chez soi convient bien avec mon rythme de sommeil, et la nuit j’ai la maison pour moi mis à part trois des chambres. Mais si cette situation devait changer, alors je pourrais devoir affronter de plus grands défis pour trouver un endroit et un moment pour faire mes siestes 24 heures sur 24. Par exemple, supposez que je commence à faire des séminaires de développement personnel. Serai-je capable de partir et de faire des siestes dès que j’en aurai besoin dans toutes les situations possibles ? Je détesterais perdre toutes ces heures supplémentaires, donc je serais réticent à m’attaquer à des changements de style de vie qui m’obligeraient à revenir au monophasique. Le sommeil polyphasique est un bienfait tout à fait relatif. Pour moi les bienfaits surpassent les inconvénients, mais je peux certainement comprendre pourquoi il est impossible pour beaucoup de gens de même tenter le coup. Beaucoup de gens m’ont écrit pour me dire qu’ils adoreraient essayer, mais leur emploi du temps ne s’y adapte simplement pas. C’est totalement compréhensible.

De toute façon, vous devrez juger par vous-même si le peu de gens comme moi qui ont réussi à s’adapter au sommeil polyphasique sont des farfelus, des menteurs, des mutants, ou de vrais übermensch. 🙂

Crédits photo : © rolffimages – Fotolia.com

2 commentaires

  • delphine dit :

    Bonjour,
    Je trouve cet article particulièrement intéressant, car il met en avant cette idée de norme et que si le plus grand nombre ne le fait pas ce n’est pas faisable ou dangereux pour la santé.
    Bien sur il y a des choses qui sont vraies pour tous.
    J’aime bien l’état d’esprit qui est de tester par nous même si le ratio risque/bénéfice est acceptable.
    J’ai tenté l’aventure polyphasique et le changement d’heure à eu raison de moi ainsi qu’un manque d’intérêt envers les choses à accomplir durant ce temps en plus.
    Pourtant je suis heureuse d’avoir tenté l’expérience et je sais que je reviendrais certainement à un rythme polyphasique Everyman dans pas longtemps.
    Sortir des normes et voir les bénéfices que cela nous apporte est toujours une belle aventure je trouve que ce soit en terme de sommeil ou de choix de carrière.
    Merci pour ce bon article.

    Delphine

  • jean eliien dit :

    je nai pas grand chose a dire, a part si de me dire tout simplement ah! jean elien tu es un etre humain normal, vu que l’expérience fait l’homme

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