Gérer l’insécurité des autres

Note : cet article est une traduction de l’article Dealing With Others’ Insecurities de Steve Pavlina. C’est donc lui qui s’exprime dans le “je” de cet article !

PuitsComment pouvez-vous gérer efficacement l’insécurité des autres personnes ?

Que faire si vous décidez de lancer une nouvelle entreprise, et que votre associé devienne très nerveux au point que vous risquiez de perdre tout votre argent ? Peut-être qu’il vous retire tout plaisir à gérer cette entreprise en réfléchissant à deux fois à chaque décision.

Que faire si vous choisissez votre majeure d’études à l’université, mais que vos parents semblent vouloir vous en dissuader, inquiets que vous ne gagniez pas assez bien votre vie par la suite ? Et s’ils essayent de vous soudoyer en vous proposant de supporter plus de frais si vous changez de choix ?

Que faire si vous souhaitez donner un nouveau tour à votre relation, en déménageant ou en changeant de carrière, et que votre moitié a la trouille, qu’elle est contre, pleine d’incertitude et qu’elle s’accroche démesurément à ce qu’elle a pour le moment ? Ou peut-être que vous sentez qu’il/elle ne se sent pas très bien à propos de ces changements parce qu’il/elle vous bombarde de questions à propos de chaque choix que vous faites.

Quelle est la façon intelligente de gérer ces situations ?

Résister à la résistance est futile

On entend dans les films, Toute résistance est futile. Mais il est encore plus futile de résister à la résistance.

Si quelqu’un dans votre vie ressent de l’insécurité, laissez-le faire. Si vous résistez à son insécurité, vous aurez des problèmes. Si vous l’acceptez, son insécurité va rapidement devenir obsolète.

Dites à l’autre personne, « Tes sentiments d’insécurité ne génèrent aucune résistance chez moi. Ce n’est absolument pas un problème pour moi que tu ne te sentes pas en sécurité et que tu doutes de toi ; cela ne me gêne pas. Je choisis quand même de t’aimer (ou de travailler avec toi, d’apprécier ta compagnie, de croquer une fraise tenue entre tes lèvres, etc.) quels que soient les doutes que tu ressens personnellement. »

En ne résistance à pas à leur insécurité et en n’essayant pas non plus de la faire disparaître, la personne va rapidement réaliser que si son insécurité et ses doutes ne vous font pas fuir, alors c’est qu’elle n’en a peut-être pas besoin au fond. Peut-être qu’elle peut quand même profiter de sa relation avec vous sans s’inquiéter outre mesure. Et cela l’aide à se sentir plus en sécurité et plus sûre d’elle.

Je pense que c’est un bon exemple de la façon dont être détaché des choses fonctionne mieux qu’y être attaché, dans le besoin, sur la défensive. Si vous résistez aux accès d’insécurité des autres, alors vous ne faites que les perpétuer. Essayez de prouver à quelqu’un qu’il a tort de douter et de se sentir mal et regardez l’effet que cela a sur son insécurité : cela ne fait que l’empirer. Et se vautrer dans l’insécurité avec eux est tout aussi inefficace.

Évidemment l’insécurité des autres est un simple reflet de la vôtre. Si quelqu’un ressent du doute quand il est avec vous, c’est un signe que vous n’être pas totalement sûr de la façon dont vous vivez ou de ce dans quoi vous vous engagez. Quand vous êtes sûr de vous, les gens qui vous entourent se sentent globalement sûrs eux aussi.

Quand vous êtes vraiment à l’aise et sûr de vous, l’insécurité des autres ne vous préoccupe pas, et votre calme et votre confiance leur fait sentir qu’il est inutile de ressentir cette insécurité. Si vous arrivez à être à l’aise avec leur insécurité, ils savent que vous êtes à l’aise avec eux, et donc ils perdent rapidement leur intérêt pour l’insécurité.

Permettre aux gens d’explorer ce puits

Quand les gens que je connais partagent avec moi leurs sentiments d’insécurité, je m’imagine en train de tenir une corde pendant qu’ils explorent le fond d’un puits. Je ne descends pas dans ce puits avec eux ; je reste en haut. Je n’essaye pas de les convaincre de ressortir du puits. Je n’ai pas de problème avec leur choix d’explorer ce puits. S’ils veulent en ressortir, je suis heureux de me servir de cette corde pour les remonter, mais seulement si c’est clairement ce qu’ils veulent et qu’ils coopèrent pleinement. Je ne vais pas essayer de les remonter s’ils résistent, pas plus que je ne vais proposer de les aider s’ils ne le demandent pas.

Je suis déjà descendu dans ce puits, donc je sais ce qu’il y a en bas, mais je ne vois pas l’intérêt d’y retourner avec chaque nouvelle personne qui m’y invite. Je préfère décliner ces invitations, mais je vais rester au bord du puits au cas où ils auraient besoin d’aide pour en ressortir. Si je vois qu’ils vont y rester un moment, je peux partir et aller explorer un autre endroit, en leur faisant savoir qu’ils peuvent m’appeler s’ils sont prêts à ressortir.

Par le passé j’ai essayé de faire le contraire. Je descendais dans le puits avec la personne. Puis nous restions tous deux coincés, et il est bien plus difficile de ressortir. Ou alors j’essayais de convaincre la personne de sortir, ce à quoi ils résistaient fortement. Ou alors je les grondais parce qu’ils y étaient descendus et j’abandonnais ce puits.

Maintenant je vois que quand quelqu’un choisis d’explorer ce puits, c’est toujours une partie de moi qui fait ça. Si je résiste à cette exploration, je reste coincé. Si je lui permets de le faire sans résistance, il y va rapidement, vérifie qu’il n’y a rien de nouveau en bas, et nous remontons très vite.

Chaque fois que j’identifie de possibles insécurités dans ma vie, il devient clair qu’il est inutile d’y résister, quel que soit le domaine de ma vie dans lequel elles apparaissent. Cela ne ferait que me pousser à descendre encore et encore dans ce puits, et manifester des blocages inutiles à ma propre évolution.

J’ai réalisé que toute insécurité potentielle que je vois chez les autres est un simple reflet de ma propre insécurité. Je résiste parfois à la potentielle résistance de quelqu’un d’autre, et je sais déjà par expérience que faire ce genre de chose est une impasse. Cela m’a très rapidement permis de changer ma façon de voir les choses, et j’ai réalisé que quelle que soit la façon dont je me connecte aux autres, la façon dont les autres se connectent à moi, ou la façon dont les choses se passent autour de moi, il était inutile de résister à une seule de ces réactions potentielles.

Vous pouvez connaître un développement énorme en explorant vos réactions face à aux réactions des autres. La seule insécurité que vous pouvez réellement résoudre sont la vôtre, mais c’est la seule qui compte réellement. En apprenant à accepter et à permettre l’insécurité des autres (autrement dit votre résistance à leur résistance), vous vous débarrassez de pensées, de sentiments et de croyances incohérentes et désalignées en vous. Et rapidement vous voyez que les gens dans votre réalité se sentent de plus en plus heureux et en sécurité en votre présence.

Crédits photo : © alswart – Fotolia

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