Connexion avec les animaux

Quand Rachelle et moi étions dans le sud de l’Espagne, nous avions séjourné avec de nouveaux amis dans une ferme fruitière qui faisait trois hectares. Étant donné que le climat était très clément, nous avons passé beaucoup de temps assis à l’extérieur, profitant de la vue des collines verdoyantes et de la ville de Malaga en contrebas, tout en nous régalant avec des avocats et des oranges fraiches cueillis directement des arbres.

Voici une photo pour que vous puissiez voir à quoi cela ressemblait.

animaux

Il y avait cinq animaux à cet endroit :  une petite chienne, deux poulets et deux chevreaux. À notre arrivée, la chienne était très amicale, les autres animaux, par contre, semblaient un peu distants, mais ils se sont vite rapprochés de nous.

Quand Rachelle ou moi, ou nous deux nous asseyions à l’extérieur, nous étions très vite entourés par les cinq animaux qui semblaient être attirés par nous comme si nous étions des aimants. Presque toutes les fois que nous nous déplacions vers une autre partie de la ferme, les animaux nous suivaient.

Les poulets semblaient aimer tourner autour de nous, surgir de sous nos chaises (comme pour dire « surprise ! ») et parfois, ils sautillaient sur les meubles ou sur mon bras pendant que je lisais. Ils donnaient aussi de petits coups de bec à mes chaussures et à mon pantalon.

Les chevreaux semblaient particulièrement attirés par nous. Quand Rachelle sortait après moi, elle trouvait souvent l’un ou les deux chevreaux qui gardaient son siège au chaud. Vers la fin de notre séjour, l’un des chevreaux a spontanément bondi du sol sur mes genoux et s’est tenu en équilibre sur mes jambes pendant un certain temps. Il avait l’air si fier de lui alors qu’il me prenait pour son perchoir.

Je parlais parfois aux chevreaux en essayant d’imiter leurs « baaaaaaaaah ». Cela les amenait à courir avec vivacité vers moi et à me répondre avec enthousiasme, comme pour dire « Nous t’entendons ! » Je n’avais aucune idée de ce que nous disions en langue caprine, mais cela me faisait sourire de savoir que dans une certaine mesure, nous entrions en connexion.

Étant donné que je passais du temps avec les animaux, je leur parlais souvent, en partie avec des mots, mais surtout intuitivement, avec mon énergie. Bien sûr, ils ne pouvaient pas me répondre avec des mots, mais j’avais le sentiment qu’ils me répondaient avec de l’énergie. Il est évident que j’ai pris du plaisir pendant nos conversations.

En caressant délicatement les plumes des poulets, je leur racontais l’évolution de leur histoire : Vous mes amis êtes des descendants des grands dinosaures. Vos ancêtres ont régné sur le monde à une époque et étaient les seuls maitres de l’univers. C’est dommage de voir comment les humains traitent votre espèce aujourd’hui ; je suis désolé que vous ayez à subir cela. C’est gratifiant de voir que vous et moi, en tant qu’individus, pouvons nous entendre pacifiquement. J’aimerais que beaucoup plus de gens parmi mes semblables jugent bon de vous traiter avec respect au lieu de vous considérer comme des propriétés et des produits. Je suis vraiment désolé pour toute la douleur que vos frères et sœurs subissent. Vous êtes de magnifiques créatures. Je vois votre beauté.

Plus je parlais avec les poulets et avais un échange énergique avec eux, plus ils semblaient curieux à mon sujet. Ils se tenaient souvent debout sur mes pieds ou près de mes pieds pendant qu’ils se nettoyaient.

Chaque jour pendant des heures, je profitais de la tranquillité et de la présence des animaux, des arbres fruitiers et de la beauté de la nature.

Pendant que je faisais de la lecture à l’extérieur, je commençais à ressentir de la chaleur après être resté assis au soleil pendant un moment. En revanche, quand je m’asseyais à l’ombre, la température devenait trop froide. J’ai remarqué que la chienne s’allongeait habituellement au soleil pendant un certain temps, peut-être pendant 10 à 15 minutes, puis elle venait rester à l’ombre pendant environ le même laps de temps. Elle n’arrêtait pas de passer du soleil à l’ombre tout au long de la journée. J’ai commencé à imiter son comportement, en plaçant une chaise au soleil et une autre à l’ombre et en me déplaçant toutes les 15 minutes environ. Cela s’est révélé être un bon exercice. Cela m’a en effet rappelé que parfois le moyen le plus facile d’atteindre l’équilibre, c’est d’osciller entre les extrêmes. Suivre le courant ne signifie pas nécessairement suivre une ligne droite.

J’ai remarqué que les deux chevreaux (un frère et une sœur) semblaient toujours rester ensemble, comme s’ils étaient liés par une attache invisible. Il ne nous est jamais arrivé de voir un chevreau errer sans l’autre à ses côtés. Ils restaient habituellement à quelques centimètres l’un de l’autre. Quand ils s’allongeaient pour se reposer, ils étaient en contact physique l’un avec l’autre. Par contre, il ne semblait pas que l’un ou l’autre était le chef de file, et ils ne se battaient jamais l’un contre l’autre. Ils avaient l’air d’être synchronisés.

La synchronisation de ces chevreaux m’a fait penser à combien il nous est possible de nous synchroniser (ou non) avec la réalité. Nous pouvons résister à ce que la réalité nous offre, la combattre, ou essayer de la forcer à nous obéir. Nous pouvons également simplement nous accorder et harmoniser avec elle. Quand la réalité lâche du lest, nous pouvons prendre les commandes pendant un certain temps, et elle peut nous suivre. Par contre lorsqu’elle prend les devants, il est peut-être plus judicieux de lâcher du lest à notre tour et de la suivre. Les choses se passent mieux quand on a l’impression que personne n’est aux commandes, ainsi nos désirs se manifestent sans effort dans nos expériences du moment présent.

La plupart du temps, les animaux ne donnaient pas l’impression de lutter pour leur survie. Ils avaient accès à une grande quantité de nourriture et d’eau, et ils avaient aussi beaucoup de temps libre. C’était agréable de s’assoir et d’observer comment ils utilisaient leur temps.

Quand Rachelle et moi étions à l’intérieur, et que j’observais les animaux à travers la fenêtre, ils passaient le clair de leur temps à se promener, manger, boire, interagir entre eux, se reposer et se détendre au soleil ou à l’ombre. Quand nous étions à l’extérieur, par contre, ils préféraient passer le plus clair de leur temps libre à nos côtés.

Même s’ils étaient parfois un peu turbulents — un des poulets a par exemple sauté sur la table et a renversé une tasse de café sur le sol — la plupart du temps, ils me laissaient un sentiment léger et enjoué. C’était comme s’ils voulaient simplement rester à nos côtés et se connecter avec nous. Il n’y avait aucun besoin. Pas d’ordre du jour. Aucune attente. Juste un beau et innocent sentiment de présence partagé.

Je pense que j’ai surtout apprécié la pureté et la simplicité de cette expérience. Cela m’a fait penser à la pureté et à la simplicité que peuvent avoir les relations humaines. Est-il aisé pour nous de passer du temps les uns avec les autres, d’être présents et de nous connecter ?

Les connexions positives peuvent se manifester naturellement et sans effort. Nous pouvons prendre plaisir à partager notre énergie. Nous pouvons profiter de la lumière et de la beauté de l’autre.

C’était un véritable plaisir d’être entouré d’une énergie dépourvue de toute nécessité, digne de confiance et non corrompue, surtout compte tenu de la fragilité de ce type d’énergie. Tout soupçon de rudesse, de nécessité ou de méfiance (ou toute autre obscurité de ce genre) l’aurait ruinée.

Quelle joie ce serait d’expérimenter plus de connexions humaines qui sont aussi pures et présentes que celles-là…

Note : Cet article est une traduction de l’article Connecting de Steve Pavlina. C’est donc lui qui s’exprime dans le « je » de cet article !

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