L’échelle des uns et des dix : Jouez-vous la carte de la sécurité

la carte de la sécuritéLorsque vous vous présentez en public, avez-vous tendance à travailler votre image ? Montrez-vous en premier aux gens, surtout aux étrangers, votre facette plus sécuritaire et socialement acceptable ? Pensez-vous qu’il est raisonnable d’éviter d’être jugé afin de rendre votre intégration sociale plus facile ?

Lorsque vous rencontrez des gens, est-ce que vous vous engagez en premier avec leur personnalité publique assainie ? Est-ce que vous vous en tenez aux sujets les plus socialement acceptables, afin d’éviter le risque de les offenser ?

Lorsque vous explorez une potentielle relation romantique pour la première fois, jouez-vous la carte de la sécurité ? Est-ce que vous vous contentez d’aborder des sujets de discussion surs comme le travail, l’école et les expériences du passé ? Essayez-vous de créer un certain lien avant d’aborder des questions qui peuvent susciter la controverse ?

Jouer la carte de la sécurité en société

Jouer la carte de la sécurité est une stratégie sociale efficace si votre but est de créer des liens superficiels avec diverses personnes. Lorsque vous vous en tenez à une conversation polie, que vous faites l’impasse sur vos différences et vos manies, et vous efforcez à éviter la controverse, vous avez de bonnes chances d’avoir une réussite superficielle sur le plan social.

C’est principalement l’état d’esprit proposé dans des livres comme Comment se faire des amis de Dale Carnegie.

Cette stratégie est très répandue parce qu’elle fonctionne. Si vous l’utilisez, des gens feront de vous leur ami et vous inviteront dans leurs cercles sociaux. Il est évident que de cette façon, vous aurez une certaine popularité ainsi qu’un certain degré d’influence.

Si c’est le résultat que vous recherchez, n’hésitez pas à utiliser cette approche générale. Soyez poli. Soyez modeste. Ne portez pas de jugement. Gardez vos différences les plus importantes pour vous.

Enfant, j’étais plutôt timide donc ce chemin de développement était un bon moyen d’étendre mes relations sociales et de me faire plus d’amis. Finalement, j’ai trouvé qu’il était facile de se faire et de conserver beaucoup d’amis.

C’était amusant au début, mais au bout de quelques années sur ce chemin, j’ai commencé à m’ennuyer en raison des types de relations dans lesquels je m’étais engagé. Elles étaient légères et amicales, mais surtout superficielles.

Lorsque j’avais 18 ans, il m’arrivait souvent de trainer dans différents salons d’étudiants dans les dortoirs de l’Université de Berkeley. À cette époque, je déconnais un peu sur le plan académique (et finalement j’ai été expulsé au troisième semestre), mais pendant les deux premiers semestres, j’ai passé beaucoup de temps à travailler sur mes compétences sociales. Je vivais au huitième étage d’un dortoir de huit étages, et les soirs, je trainais dans l’un des salons d’un autre étage, afin de rencontrer d’autres étudiants et de me faire plus d’amis.

Les étudiants de Berkeley avaient tendance à être très brillants, et j’aimais discuter de différents sujets avec eux. Cependant, ce qui m’a le plus impressionné, c’est lorsque j’ai rencontré d’autres étudiants qui semblaient prêts à prendre des risques sociaux au cours de ces conversations.

Un soir, j’ai eu une conversation anodine avec une camarade de classe dans un salon qui m’a dit qu’elle était athée. Elle a commencé à partager ses convictions profondes, expliquant à quel point la religion était absurde et démontrant comment le monde serait mieux sans elle. À l’époque j’étais aussi athée, et ce qu’elle partageait m’avait beaucoup émue. J’ai été surtout impressionné qu’elle en ait fait mention si tôt dans notre conversation, d’autant plus qu’il y avait d’autres étudiants autour de nous qui pouvaient nous entendre. Berkeley inscrit ses étudiants dans un environnement qui tend à encourager ces genres d’échanges, et j’ai beaucoup aimé cela, mais j’ai quand même été impressionné qu’elle se soit montrée aussi ouverte à propos de ses croyances. Elle ne jouait pas la carte de la sécurité, comme le font beaucoup d’autres.

Pendant qu’elle parlait, j’ai ressenti un lien spécial entre elle et moi. Elle a fait sortir ce qu’elle ressentait et croyait à l’intérieur d’elle. Nous n’avons eu qu’une courte conversation ce soir-là, mais 25 ans plus tard, je me souviens encore d’elle.

Ceci étant, il est juste de dire que la principale raison pour laquelle j’ai ressenti un tel lien avec elle, c’est qu’elle s’exprimait sur des points qui étaient très importants pour moi à l’époque. La plupart des étudiants discutaient à propos de leurs cours, de leurs origines et de leurs musiques préférées. Elle a pris un risque et cela a créé une amitié entre nous, mais il aurait pu y avoir incompatibilité si j’étais un type différent.

Les sept vs. Les uns et les dix

La technique de socialisation Win Friends (avoir des amis en français) consiste à essayer d’avoir un 7 sur une échelle de 1 à 10. Étant donné que vous ne prenez pas de risques sociaux majeurs, il est très peu probable que vous ayez un 9 ou un 10, mais vous pouvez confortablement vous installer dans la fourchette comprise entre 6 et 8.

En ne prenant pas de risques majeurs et en cachant vos différences les plus importantes, vous pouvez éviter d’offenser la plupart des gens, de sorte que presque tout le monde pourrait se sentir à l’aise à vos côtés. Beaucoup de gens apprendront à vous apprécier de façon superficielle si vous ne leur donnez pas une raison de ne pas vous aimer.

Cependant, si vous ne prenez jamais de risques, vous vous empêcherez également d’attirer ces 9 et 10. Ces genres de relations exigent une certaine prise de risque, par exemple en dévoilant quelques aspects de votre personnalité qui ne sont pas populaires et qui ne sont pas aussi socialement acceptables.

Pour obtenir ces 9 et 10, vous devez prendre le risque de créer des 1 et 2. Beaucoup de gens craignent les 1 et les 2 plus fort qu’ils ne désirent accéder aux 9 et 10. Résultat, ils se contentent des 7 au mieux.

Si vous vous contentez des 7 pendant trop longtemps, il est fort probable que vous finirez par ressentir un certain vide. Vous pouvez vous retrouver dans une chambre d’amis et remarquer que vous êtes encore seul ou vide à l’intérieur. Vous pouvez avoir l’impression que vous préférez être seul plutôt que de sortir avec des amis parce que vous savez que les échanges ne vous satisferont que superficiellement, et que vos désirs profonds resteront insatisfaits. Vous pouvez osciller entre le désir d’être entouré de gens et le désir d’être seul, mais aucune des deux options ne vous satisfera.

L’intimité

Une véritable intimité humaine est l’élément qui manque. Une partie de vous désire toujours avoir la possibilité de partager vos pensées, vos sentiments et vos croyances les plus profonds avec une autre personne et de se sentir acceptée, appréciée et soutenue.

Ce n’est pas seulement le partage qui aide, mais plutôt la capacité à se connecter avec ces 9 et 10 qui vous voient, vous comprennent et sont d’accord avec vous. Voilà les personnes avec lesquelles vous pouvez affirmer « être sur la même longueur d’onde ».

Ces gens existent, mais comment les trouver ? Comment vous trouveront-ils ?

Si vous faites de gros efforts pour éviter de prendre des risques sociaux, et si la plupart des autres personnes dans votre vie font de même, vous aurez du mal à trouver des gens qui comprennent les facettes les moins populaires de votre personnalité. Votre vie sociale deviendra une série de relations partielles, mais les relations vraiment profondes resteront hors de votre portée.

Par exemple, je pourrais cacher ou minimiser le fait que je suis un végétalien éthique et que je crois qu’il est mal de mettre en cage, de torturer et de tuer des animaux pour le divertissement, le sport ou la consommation. Cela pourrait faciliter la création d’amitiés superficielles avec des correspondants partiels, mais cela me rendrait aussi moins visible aux yeux des personnes avec lesquelles je partage véritablement les mêmes convictions.

Si votre objectif est de créer plus d’amitiés superficielles, il serait plus logique que vous utilisiez l’approche Win Friends. Si, cependant, vous souhaitez vivre une intimité plus profonde, il est plus raisonnable de partager ouvertement vos pensées, sentiments et croyances les plus différents, afin d’augmenter votre visibilité auprès de vos meilleures correspondances.

Si vous choisissez la voie de l’intimité, alors même si la plupart des gens vous placeraient au bas de l’échelle, combien de 9 et de 10 vous faut-il de toute façon ? Quelle valeur accorderiez-vous au fait de trouver et d’ajouter une relation de niveau 10 à votre vie ? Cela vaut-il la peine de créer des dizaines voire des centaines de relations de niveau 1 et 2 qui vous rejetteront rapidement si cela signifie aussi avoir la possibilité d’attirer un 9 ou 10 et d’avoir un meilleur ami ou un amoureux pour les années à venir, peut-être même pour le reste de votre vie ?

Le défi de trouver des 9 et des 10

Pour certaines personnes, il n’est pas si difficile de trouver des 9 et des 10. Cependant, si vous vous éloignez plus des normes sociales que la plupart des gens, trouver de telles correspondances de qualité peut être un véritable défi.

Malgré le profil très visible que j’ai en tant que blogueur, auteur et conférencier international bien connu, trouver quelqu’un qui correspond à 9 ou 10 pour moi est rare. Je rencontre beaucoup de 8, mais les 9 et les 10 sont peu nombreux.

Pour qu’une personne soit un 9 ou un 10 pour moi, il faudrait qu’elle partage plusieurs de mes qualités fondamentales. Il lui faut notamment être végétalienne, être athée, être intensément curieuse à propos de la vie, s’engager à long terme dans le développement personnel, avoir l’esprit ouvert à propos des relations libres, aimer l’exploration et l’expérimentation, être très honnête et suivre le chemin de son cœur.

Lors de mon récent atelier, certains participants m’ont demandé si Rachelle et moi avions déjà exploré une relation à 3 personnes, étant donné que j’avais écrit au sujet de ce chemin en février 2013. Rachelle et moi n’avons pas encore trouvé un seul bon candidat pour ce type d’exploration. Par conséquent, nous n’en avons pas encore fait l’expérience. Nous sommes prêts à explorer ce type de relation avec quelqu’un qui constitue une excellente correspondance. Nous ne voulons pas le faire avec n’importe qui juste pour le faire. Si nous rencontrons finalement un bon partenaire, super — nous pourrons explorer ensemble cette voie, mais si ce n’est pas le cas, je pense qu’il vaut mieux ne pas forcer les choses.

Les relations partielles en guise d’entrainement

Parfois, lorsque vous ne rencontrez pas tout de suite vos 9 et 10, vous pouvez essayer de déterminer avec plus de clarté ce à quoi ils ressembleraient. Avoir un seul partenaire comme celui-ci dans votre vie peut être une expérience intense. Il n’est donc pas impossible que vous découvriez aussi que vous avez repoussé le partenaire idéal en raison d’un manque de préparation. L’une des façons d’y parvenir est de dire oui aux relations partielles en cours de route.

Lorsque je définis un nouvel objectif, surtout s’il s’agit d’un objectif social, je remarque souvent que j’enregistre d’abord une série de relations partielles. Je considère qu’il s’agit là de questions de clarification. Chaque partenaire partiel me demande de perfectionner ma compréhension de ce que je désire vraiment.

Lorsque vous rencontrez une correspondance partielle, vous pouvez reconnaitre si elle est obsolète. D’accord, mais comment ? Que manque-t-il ? Qu’est-ce qui ne colle pas avec elle ? Répondez avec précision à ces questions et servez-vous de vos réponses pour clarifier vos désirs. Sortez de cette relation partielle et redéfinissez votre objectif.

Lorsqu’un partenaire partiel se présente, et que vous vous rendez compte qu’il s’agit d’une répétition des mêmes schémas du passé, n’hésitez pas à refuser de vous engager et à le laisser partir (à moins que vous ne vouliez simplement revivre une nouvelle fois les mêmes expériences). Ensuite, vous verrez une nouvelle vague de différents types de relations partielles arriver avec de nouvelles leçons où vous accueillerez enfin la manifestation de vos désirs.

Les relations humaines de qualité sont l’une des plus grandes joies de la vie. Une bonne relation peut complètement vous transformer. Pour initier ce voyage, fixez un objectif audacieux dans votre cœur, partagez ouvertement vos désirs, explorez des relations partielles et améliorez vos attentes au fil du temps. Le moment viendra où vous découvrirez comment exprimer votre désir non pas comme un état statique, mais comme une avancée dynamique sur le chemin de votre croissance.

Note : Cet article est une traduction de l’article Ones and Tens de Steve Pavlina. C’est donc lui qui s’exprime dans le « je » de cet article !

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