Faire le travail d’une journée complète en 90 minutes

90 minutesL’employé de bureau américain ordinaire ne fait qu’environ 90 minutes de travail réel par jour.

Le reste de la journée de travail est largement consacré à des distractions comme suivre l’actualité, naviguer sur le Web, échanger avec les collègues de travail, prendre des collations, prendre des pauses-café, arranger des documents çà et là, passer en revue des courriels inutiles, des manœuvres dilatoires inutiles, jouer à des jeux et rêvasser.

Il faut savoir que les employés de bureau américains font partie des travailleurs les plus productifs du monde. Dans beaucoup d’autres pays, encore moins de travail est accompli chaque jour.

Cette statistique n’a pas beaucoup changé depuis des décennies, malgré les investissements massifs dans la gestion du temps et la formation à la productivité de nombreuses entreprises. Nous avons plus de technologie pour nous aider à être productifs, mais nous en avons aussi plus pour nous distraire.

Le problème général est que nous continuons d’appliquer un modèle de l’ère industrielle à la productivité des travailleurs intellectuels. Il est logique de prêter attention aux heures de travail si le rendement pour chaque heure est à peu près le même. Cela est vérifié dans le contexte des tâches répétitives, mais cela ne s’applique pas vraiment aux travailleurs intellectuels.

Pour un travailleur intellectuel, quelle est la différence entre une heure de productivité maximale et une heure de productivité moyenne ? Cette heure de pointe pourrait facilement être 10 fois plus productive en ce qui concerne le volume de travail accompli et les résultats générés.

Quel sens cela a-t-il de passer plus de temps au bureau si vous travaillez normalement à moins de 20% de votre capacité ? Pourquoi ne pas simplement faire 90 minutes de travail réel et rentrer chez soi pour la journée ?

Et si vous pouviez terminer une journée de travail en seulement 90 minutes ? À quoi ressemblerait ce laps de temps de 90 minutes ?

Blocs de concentration

Voici quelques recommandations qui vous permettront d’avoir 90 minutes très productives (appelons cela un bloc de concentration) :

  1. Choisissez un thème – Au lieu de réaliser un grand nombre d’actions aléatoires, choisissez un thème clair pour le bloc. Cela permet à votre cerveau de se concentrer sur un contexte singulier et de s’y tenir, ce qui vous rend plus efficace. Votre thème peut être un projet sur lequel vous travaillez, un travail comme rattraper le courrier accumulé, ou toute autre chose qui permet à votre cerveau de se concentrer sur un contexte clair et de s’y tenir.
  2. Définissez la ligne d’arrivée – Considérez votre bloc de concentration comme une course rapide jusqu’à la ligne d’arrivée. Où est donc la ligne d’arrivée ? De quoi a-t-elle l’air ? Avoir un objectif clair dont la réalisation ne prend que 90 minutes vous aidera à vous concentrer. Ne vous inquiétez pas si vous ne franchissez pas la ligne d’arrivée à chaque fois ; elle est là pour vous aider à vous concentrer, alors visez-la, mais acceptez que parfois vous la manquerez. Voici quelques exemples : Écrire et publier un nouveau billet de blog. Passer en revue les messages de ma boite de réception jusqu’à ce qu’elle soit complètement vide. Planifier et programmer tous mes blocs de concentration pour la semaine à venir.
  3. Énumérer les étapes de l’action – Énumérez les actions spécifiques que vous entreprendrez dans ce bloc. Pour certains blocs, cela est vraiment utile. Pour d’autres, cette disposition n’est pas nécessaire si les étapes sont déjà claires. Je n’énumèrerais pas les actions que j’entreprends chaque fois que je veux écrire, étant donné que ce processus est très personnel, mais je vous parlerais de tout le remue-méninge ainsi que des étapes relatives à un nouveau projet un peu spécial pour faciliter le démarrage. Voici quelques exemples : Supprimer d’abord tous les courriers indésirables et mettre de l’ordre dans ma boite de réception. Ensuite, passer rapidement en revue tous les messages que je peux gérer à raison de moins de deux minutes pour chaque message. Après, trier et classer par ordre de priorité les messages plus longs afin d’y répondre. Répondre aux messages les plus longs et les plus importants jusqu’à ce que je sois à 90 minutes. Admettre que ce n’est pas une bonne utilisation de mon temps que de répondre au reste, et simplement les archiver pour vider la boite de réception.
  4. Assurez-vous qu’il n’y ait aucune interruption – Faites tout ce qu’il faut pour vous assurer que vous ne serez en aucun cas interrompu une fois engagé dans votre bloc de concentration. Si nécessaire, dites aux gens à l’avance que vous ne serez pas disponible pendant les 90 prochaines minutes ; faites-leur savoir que vous serez disponible après cela. Verrouillez votre porte si vous le pouvez. Si vous ne pouvez pas garantir que vous ne serez pas interrompu dans votre environnement de travail actuel, alors engagez-vous dans votre bloc de concentration ailleurs. Vous serez beaucoup plus productif et votre concentration sera plus profonde si vous savez avec certitude que vous ne serez pas interrompu.
  5. Travaillez vite – Pensez vite. Agissez vite. Travaillez vite. Si vous vous surprenez à ralentir, accélérez le mouvement ! Imaginez que vous êtes impliqué dans une course et que vous devez maintenir un rythme soutenu pendant 90 minutes. Après cela, vous pouvez vous reposer. Avec de la pratique, cela devient plus facile.
  6. Ne permettez aucune distraction – Pendant que vous êtes impliqué dans votre bloc de concentration, vous devez faire le travail que vous avez prédéfini, rien d’autre. Gardez votre téléphone portable éteint. Désactivez toutes les notifications qui pourraient vous interrompre. Coupez votre accès à Internet si vous n’en avez pas besoin pendant ce bloc. Ne consultez pas les courriels pendant cette période. Ne prenez pas une pause-café ! Ne prenez pas non plus une pause pour un encas. N’utilisez la salle de bain pendant cette période que si vous le devez.

Je pense que vous avez compris le concept.

Éviter la zone grise et faire de vraies pauses

Beaucoup de gens passent leurs journées de travail dans un marathon de la zone grise. C’est pour cette raison qu’il leur faut 7 à 8 heures pour faire un travail de 90 minutes. Ils travaillent lentement et de manière inefficace. Leur temps de travail est encombré de distractions et d’interruptions. Ils commencent tard et terminent tôt. Généralement, ils ne travaillent que la moitié du temps.

Au lieu de faire un marathon dans la zone grise chaque jour, faites du vélo entre le vrai travail et les vraies pauses. Ce sera beaucoup plus efficace, même si vous ne travaillez que la moitié du temps ou moins.

Ne passez pas immédiatement d’un bloc de concentration à un autre. Après avoir clôturé un bloc de concentration, célébrez votre réussite. Ensuite, évaluez le niveau auquel vous êtes. Jaugez votre énergie et voyez comment vous vous sentez.

Si vous vous sentez toujours vif et plein d’énergie, vous pourriez simplement avoir besoin d’une courte pause. Prenez 5 à 10 minutes pour vous étirer, allez à la salle de bain et mangez des fruits frais. Ensuite, n’hésitez pas à plonger directement dans un autre bloc de concentration.

Si vous vous sentez fatigué, mangez quelque chose et/ou faites une sieste.

Si vous avez envie de faire quelque chose de physique, allez faire une marche ou faites de l’exercice physique.

Si vous pensez que vous pourriez avoir besoin d’un certain renouvèlement émotionnel, vous pourriez méditer, échanger avec des gens ou lire du contenu inspirant.

Quelle devrait être la durée de vos pauses ? Prolongez autant que nécessaire vos pauses jusqu’à ce que vous soyez prêt pour un autre round de travail soutenu. Parfois, il ne vous faudra que quelques minutes pour vous remettre d’aplomb. D’autres fois, il peut être sage de prendre quelques heures de repos, surtout si le précédent bloc de concentration était particulièrement épuisant. Entre deux blocs de concentration, cherchez à rafraichir et à renouveler votre énergie jusqu’à ce que vous soyez prêt à gérer un autre bloc.

Faites de votre mieux pour ne pas charger vos pauses avec des tâches de zone grise comme la consultation de courriels, car cela risque de vous épuiser davantage. Je recommande de regrouper les petites tâches dans leur propre bloc de concentration (y compris les courriers électroniques). Cependant, s’il ne s’agit que d’une vérification rapide d’une minute par email, ce ne sera probablement pas trop mauvais, mais ne consultez jamais les emails pendant un bloc, à moins que cela ne soit essentiel à l’achèvement de la tâche.

Réalisez que même si vous ne complétez qu’un seul bloc de concentration dans une journée entière, vous avez tout de même fait autant de travail réel que l’employé de bureau américain lambda réalise en une journée complète de huit heures. Si vous ne complétez que deux blocs, vous êtes deux fois plus productif que la plupart des autres. Lors d’une journée très productive, vous pouvez compléter cinq ou six blocs, ce qui équivaut à une semaine complète de travail réalisé en une journée.

Accomplir une semaine de travail en une journée

Pendant l’une des périodes les plus productives de ma vie, lorsque je programmais des jeux vidéo, je travaillais normalement de 9 h à midi, je prenais une heure de pause pour le déjeuner, puis je travaillais de 13 h à 17 h ou 18 h. Cependant, je subdivisais le travail en de plus courts blocs de concentration profonde.

Au début de chaque journée, je définissais la prochaine étape que je voulais atteindre, comme une courte liste de nouvelles fonctionnalités à ajouter. Ensuite, j’établissais une courte liste d’actions à entreprendre dans mon journal de travail (un simple carnet de notes en spirale que j’utilisais tous les jours). Parfois, je ne prenais pas la peine d’énumérer les actions si elles semblent évidentes. Après, je programmais les éléments de la liste. Pour finir, je créais le logiciel, testais le programme, corrigeais les bugs et ajustais l’implémentation jusqu’à ce que je sois satisfait. Une étape typique me prenait environ 45 à 90 minutes.

Étant donné que je programmais des jeux, tester le programme signifiait jouer un peu au jeu pour tester les nouvelles fonctionnalités ainsi que la jouabilité dans son ensemble. La phase de test permettait donc à mon cerveau de se reposer après les efforts fournis dans la conception d’algorithmes et l’écriture de code.

Lorsque je terminais un cycle comme celui-ci, je ressentais un léger sentiment de satisfaction. Il m’arrivait de prendre une petite pause pour m’étirer rapidement. Ensuite, je faisais une nouvelle liste et je répétais le processus.

Le matin, je terminais quelques-uns de ces cycles, peut-être trois. Dans l’après-midi, j’en faisais encore plus. Mes projets de jeu ont progressé très rapidement pendant cette période. Chaque jour, j’ajoutais beaucoup de nouvelles fonctionnalités. De cette façon, je pouvais avoir un prototype fonctionnel d’un tout nouveau jeu en seulement quelques jours. Avec les outils de développement améliorés aujourd’hui, le travail peut progresser encore plus vite.

Chaque jour à l’heure du déjeuner, je prenais une pause complète pour renouveler mon énergie mentale. Je déjeunais rarement avec mes collègues. D’habitude, j’apportais mon déjeuner avec moi, mais je quittais le bureau pour aller manger. Je me rendais en voiture au parc voisin, je m’asseyais sur l’herbe, adossé à un arbre, et je mangeais seul en silence. Je laissais le travail et je me relaxais. Après avoir mangé, je m’allongeais sur l’herbe et je faisais une sieste de 20 minutes, ou je fixais le ciel et je m’évadais complètement. J’appréciais la brise et j’écoutais les chants des oiseaux. Je donnais aux circuits cérébraux le repos dont j’avais besoin pour le travail de programmation. Ensuite, je retournais à ma voiture, me remettais au travail et je faisais quelques cycles de plus avant de clôturer ma journée.

Tester, s’entrainer et expérimenter

Si vous n’êtes pas habitué à un rythme de travail alternant blocs de concentration et périodes de repos, il vous faudra peut-être vous entrainer à cette méthode pendant un certain temps pour vous y habituer. J’espère que vous apprécierez vraiment lorsque vous aurez testé ce genre de flux. Faire une journée complète de travail en 90 minutes n’est pas seulement efficace, c’est aussi motivant et stimulant.

Les cycles d’environ 90 minutes fonctionnent généralement bien une fois que vous allez à la vitesse supérieure. Cependant, vous constaterez peut-être que des cycles plus courts, comme ceux de 45 ou 60 minutes, fonctionnent mieux pour vous. Vous remarquerez peut-être également qu’il est préférable d’avoir différentes longueurs de cycle pour différents types de travail. Parfois, je continue pendant 2 heures et demie (ou plus) si je me sens bien, surtout lorsque j’écris un nouvel article.

Certaines personnes aiment avoir des blocs de concentration programmés avec des pauses programmées. Tout a donc une durée fixe. Elles sont pointilleuses en ce qui concerne les heures de démarrage et d’arrêt des travaux. Il a été prouvé que cela aide votre cerveau à optimiser sa performance si vos cycles sont les mêmes tous les jours.

Par exemple, vous pourriez avoir des blocs de concentration de 5 h 30 à 7 h, de 8 h à 9 h 30, 10 h 30 à 12 h, 13 h à 14 h 30, et de 15 h 30 à 17 h, ce qui vous donnerait cinq blocs de concentration de 90 minutes avec des pauses d’une heure entre deux blocs. Ce serait une journée très productive qui vous permettrait de faire autant de travail réel en une journée qu’un employé de bureau américain en une semaine, mais vous ne travaillez que 7,5 heures au total.

D’autres personnes préfèrent une approche plus organique. Elles décident, en fonction de leur niveau d’énergie, jusqu’à quel point chaque bloc de concentration et chaque pause devraient être réduits. C’est comme cela que je travaille la plupart du temps.

Un programme modeste, mais très productif, peut nécessiter trois blocs de concentration par jour. Vous pourriez facilement accomplir une grande partie du travail de cette façon. Beaucoup de travailleurs très créatifs ne travaillent que 3 à 5 heures par jour, mais ils le font avec une concentration profonde et surtout aucune interruption pendant ce temps.

Ne succombez pas aux préjugés culturels qui pourraient tenter de vous convaincre que le fait de travailler plus de 8 heures par jour vous rend productif. C’est peut-être vrai pour le travail physique et certaines tâches répétitives, mais ce n’est pas le cas pour les travailleurs intellectuels et les gens créatifs. Beaucoup de gens apprécient les flux importants et obtiennent d’excellents résultats en travaillant avec beaucoup d’énergie, de la motivation et du dynamisme. Essayez ceci par vous-même, et vous ne voudrez peut-être plus jamais retourner dans la zone grise des longues journées de travail improductives.

Note : Cet article est une traduction de l’article Do a Full Day’s Work in 90 Minutes de Steve Pavlina. C’est donc lui qui s’exprime dans le « je » de cet article !

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